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Les mystères des anciens Grecs
– A vous de jouer

À quoi ressemblaient les anciens Grecs?

Durée de l’activité: 30 minutes
Age recommandé : 12 ans et plus
Population geneticsPaleogenomics

Les Mystères des grecs anciens

Contexte

Une équipe de scientifiques a extrait et analysé l’ADN présent dans des squelettes retrouvés sur différents sites archéologiques en Grèce.

En utilisant les informations génétiques à disposition, ils ont pu dresser un ‘portrait-robot génétique’ et prédire ainsi certaines caractéristiques physiques de trois individus ayant vécu à âge du bronze, entre 3000 et 2000 av. J.-C. !

Source: The genomic history of the Aegean palatial civilizations (2021)

Comment dresser un portrait-robot génétique ?

Un grand nombre de nos caractéristiques physiques est déterminé par l’information génétique stockée dans notre ADN.

Nous avons toutes et tous les mêmes gènes, mais leurs séquences ADN ne sont pas 100 % identiques.

Certaines différences (appelées Single Nucleotide Polymorphisms ou SNPs) peuvent modifier la couleur des yeux, la couleur de la peau ou celle des cheveux… ou encore notre capacité (ou pas) à digérer le lactose.

Chaque caractéristique est définie par de très nombreux gènes et et de très nombreux SNPs…  et nous n’avons pas fini d’en découvrir de nouveaux.

Exemple: la couleur des yeux

La couleur des yeux est déterminée par la répartition de 2 pigments (un pigment brun et un pigment rouge), la répartition des fibres de collagène et la topographie de l'iris.
Un SNP (A -> G) dans le gène HERC2, localisé sur le chromosome 15, est particulièrement célèbre. La présence d'un G est associée avec une production plus faible des pigments bruns dans l’iris et donc à une plus grande probabilité d’avoir des yeux bleus.

La génétique de la couleur des yeux n’en est encore qu’à ses débuts. Seul l’impact d’une poignée de gènes, parmi probablement quelque centaines, est actuellement connu.

+ d’information : t’as de beaux yeux tu sais Brown, blue, green, and hazel: What is the secret behind eye color? (2017)

Plusieurs études ont cependant permis de valider une série de SNPs qui sont aujourd’hui utilisés pour dresser des portraits- robots génétiques par la police scientifique et …les archéologues!

CaractéristiquesNombre de gènesNombre de SNPsCouleur préditeExemple de gènes et SNPs populaires
Couleur des yeux56brun, intermédiaire, bleuHERC2 (AA, AG, GG)
Couleur des cheveux1120blond, brun, roux, noirMC1R (CC, CT, TT), IRF4 (CC, CT, TT)
Couleur de la peau2136très pâle, pâle, intermédiaire, foncé, noir SLC24A5 (AA, AG, GG), IRF4 (CC, CT, TT)
Source:The HIrisPlex-S system for eye, hair and skin colour prediction from DNA: introduction and forensic developmental validation (2018)

A vous de jouer (1)

Voici les résultats d’une analyse de l’ADN retrouvé dans le squelette d’un individu ayant vécu en Grèce pendant l’âge du bronze (3000 – 2000 av. J.-C.):

HERC2: AA – SLC24A5: AG – IRF4: CC

Dresser son portrait-robot.

Les informations utilisées par les scientifiques pour dresser un portrait-robot génétique sont bien sûr plus fournies que celles présentées dans cette actitivé (d’autres SNPs et d’autres gènes sont inclus dans les analyses) !

Pour les experts: HIrisPlex-S Eye, Hair and Skin Colour DNA Phenotyping Webtool

À quoi ressemblaient les anciens Grecs?

Après avoir analysé de nombreux SNPs de 3 individus ayant vécu à l’âge du bronze, les scientifiques ont prédit qu’ils avaient très probablement les yeux bruns, les cheveux foncés et la peau foncée.

Ce portrait-robot génétique correspond aux personnages représentés sur des peintures murales de l’âge du bronze en Crète.

Cependant, ces individus étaient également porteurs de SNPs associés à une couleur de peau plus claire. Cela confirme ce qui était déjà connu, à savoir que « la dépigmentation de la peau fait l’objet d’une sélection génétique en Europe du Sud qui a commencé au Néolithique ».

Source: “Cup-bearer Fresco” depicting a male from the Bronze Age. Located at the Knossos excavation site, and part of the Minoan civilization (Wikipedia)

Bonus – La tolérance au lactose

Encore une histoire d’évolution

L’homme boit du lait depuis quelque 9000 ans, et cela alors même qu’il a longtemps été  intolérant au lactose à l’âge adulte.

Le lactose est le principal sucre présent dans le lait. L’intolérance au lactose est un phénomène physiologique normal. Elle est causée par une diminution de la production d’une enzyme appelée lactase (LCT) au début de l’âge adulte. Cette lactase est présente dans l’intestin grêle (plus d’information sur la lactase dans la banque de données UniProtKB).

La persistance de la lactase à l’âge adulte est la conséquence de variations génétiques dans le gène MCM6, variations qui sont apparues dans la population humaine bien après le début de la consommation de lait.

En quelque 6000 ans, ces variations génétiques se sont répandues comme une trainée de poudre en Europe. Une des hypothèses est que les maladies et les famines de l’époque ont favorisé l’émergence de ces variations génétiques, l’intolérance au lactose pouvant être mortelle dans ces conditions extrêmes.

Aujourd’hui, près de 1/3 de la population mondiale est tolérante au lactose à l’âge adulte.

Source:  Dairying, diseases and the evolution of lactase persistence in Europe (2022)OMIM
Timeline_Greek_history_lactose

A vous de jouer (2)

Voici les résultats d’une analyse de l’ADN retrouvé dans le squelette d’un individu ayant vécu en Grèce pendant l’âge du bronze:

HERC2: AA – SLC24A5: AG – IRF4: CC – MCM6: GT

Est-il tolérant au lactose?

Les informations génétiques utilisées par les scientifiques pour déterminer si une personne est intolérante au lactose sont plus fournies que celles présentées dans cette actitivé (d’autres SNPs et d’autres gènes sont inclus dans les analyses) !

Les anciens Grecs et la tolérance au lactose

Les scientifiques ont examiné les SNPs associés avec la tolérance au lactose dans l’ADN des individus ayant vécu en Grèce pendant l’âge du bronze (3000 av. J.-C.).

Les individus testés avaient le génotype ‘intolérant au lactose à l’âge adulte’. « Ce résultat est conforme à celui d’autres études portant sur les Européens et les Égéens du Néolithique. Cela suggère que même les individus intolérants au lactose consommaient du lait à cette époque! ».

Des traces de lait ont effectivement été retrouvées dans des jarres datant de l’âge du bronze!

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